ENVIRONNEMENT
92
Union agréée environnement
75 associations, 5000 militants
Membre d'Ile de France Environnement
- Environnement 92, malgré
sa participation importante aux travaux et ateliers de révision
du SDRIF, regrette de constater qu'elle n'a pas été
destinataire du document d'orientation "une Vision Régionale
pour l'Ile-de-France" du Conseil régional, édité
le 24 avril 2006.
- L'Union Environnement 92 apprécie
la qualité du document du Conseil Régional et ses
nombreux points positifs. Elle regrette cependant un vocabulaire
encore trop technocratique.
- Après analyse :
- du projet de document d'orientations "une Vision Régionale
pour l'Ile-de-France" du Conseil régional,
- du "porter à connaissance" publié par
le Préfet de région sous le titre : "Prescriptions
relatives aux servitudes d'utilité publique, aux Projets
d'intérêt Général et aux Opérations
d'Intérêt National et Eléments relatifs aux
projets d'infrastructure relevant de la compétence de
l'Etat",
- et en s'appuyant sur l'Avis d'Ile de France Environnement,
qu'elle complète sur certains points, Environnement 92
soulève 11 points sur lesquels elle exprime des réserves
importantes .
1- Le rôle national et international
de l'Ile-de-France est mal positionné
-
- Dans les 200 propositions de l'union
régionale Ile de France Environnement, celle-ci :
- se déclarait opposée au "concept prétentieux
et contre-productif de Paris, capitale de l'Europe"
- demandait que le SDRIF s'inscrive dans "une politique
d'aménagement du territoire national impliquant l'abandon
de l'hyper concentration parisienne et le développement
des autres régions françaises",
- suggérait la reprise d'une "réflexion sur
l'aménagement du Bassin parisien et une politique de conventions
avec ses autres régions".
- L'impression qui ressort à
la lecture de"la Vision Régionale", et notamment
de ses chapitres 2.3 et 3.5.2 a, c'est:
- la priorité excessive accordée au développement
économique pour juger de l'attractivité d'une région,
- la fascination pour les "très grandes métropoles
dont la population dépasse 10 millions d'habitants qui,
par leur masse, offrent la meilleure efficacité économique
à leur pays",
- l'affirmation que "la concentration des activités,
en facilitant les interactions entre acteurs économiques"
est "le principal moteur de la croissance et de la création
d'activités nouvelles", oubliant que la qualité
des organisations prime sur la massification,
- la critique de la politique de" maîtrise de la croissance"
en Ile-de-France (prise en compte dans le SDRIF de 1994), qui
aurait eu des effets contre-productifs et serait à l'origine
d'une perte de poids de Paris par rapport à Londres.
- Si la coopération avec les
autres régions du Bassin parisien était préconisée
dans la version du texte en date du 24 avril 2006, elle était
étendue à la région Nord-Pas de Calais,
dans l'optique d'une intégration plus forte au réseau
en arc de cercle des métropoles de l'Europe du nord-ouest
(Italie du nord, Suisse, Allemagne, Bénélux.).
- On peut remarquer que ce réseau,
dont on vante l'efficacité, ne comprend aucune très
grande métropole.
- Le concept de regroupement des activités
pour atteindre "la masse critique" est également
mis en avant pour justifier:
- la poursuite du développement du pôle d'affaires
de la Défense, bien que les transports en commun soient
saturés,
- l'objectif de l'Etat, en créant l'OIN du plateau de
Saclay, d'attirer dans ce secteur le maximum d'établissements
d'enseignement supérieur, de centres de recherche et d'entreprises
de haute technologie nous paraît privilégier le
quantitatif sur le qualitatif. Ce développement est déjà
en route depuis plusieurs années dans les vallées
de la Bièvre, de l'Yvette et sur le plateau de Saclay.
La confrontation des chercheurs du secteur public avec ceux du
privé ainsi qu'avec les travailleurs des entreprises de
haute technologie est souhaitable, à condition de créer
des lieux de rencontre : centre de congrès, salles de
conférences, salles de visioconférence
. Dans
le même esprit, ce sont autour des lieux de vie (cafés,
restaurants, commerces de proximité, cinémas
)
que les chercheurs de la " Silicon valley " se retrouvent
et inventent des partenariats avec leurs banquiers
Or, ces
lieux sont inexistants sur le plateau de Saclay
Par ailleurs,
les moyens de transports collectifs locaux sont faibles, eu égard
à l'importance des populations concernées. Il est
regrettable là encore de ne laisser comme seul moyen de
déplacement aux salariés de ces centres de recherche
et des entreprises de haute technologie que leurs voitures ou
pour les entreprises les plus importantes, l'appel à un
réseau de cars privés
-
- On voit mal comment l'accentuation
du poids économique de l'ouest et du sud franciliens pourrait
être compatible avec l'objectif de rééquilibrage
régional au profit du nord et de l'est, d'autant plus
qu'il n'est pas défini pour ses trois pôles de développement
(Plaine Saint Denis-Plaine de France, ACTEP, Seine-Amont) de
vocation économique autre qu'une notion bien floue de
pôles-relais.
- Enfin, on peut souligner l'incohérence
de l'objectif de réduire les pollutions et les nuisances,
et l'objectif du développement du trafic des aéroports
urbains de Roissy et d'Orly.
On peut souligner aussi l'incohérence de l'objectif de
"maîtriser l'augmentation de la population dans les
zones soumises aux nuisances" et de "réduire
et compenser les nuisances et pollutions imposées à
leur environnement urbain" et l'objectif de poursuivre la
croissance du développement d'activités autour
des aéroports. La création de pôles d'emplois
entraînant généralement un développement
urbain autour de ces pôles, on peut légitimement
contester l'intention affichée.
- En résumé, la primauté
accordée au développement économique d'une
région subordonnée à l'ambition internationale
de Paris, sans référence à une politique
d'aménagement du territoire national, jointe à
la volonté de renforcer la concentration des activités
sur les secteurs déjà largement pourvus, nous apparaissent
à contre-courant avec l'intention initiale du Conseil
régional de faire de l'Ile-de-France une éco-région.
-
- 2- La construction de logements,
une nécessité et une fuite en avant
-
- Le document du Conseil régional
reprend l'objectif global pour l'Ile-de-France de construction
de 60 000 logements par an qui figurait dans le mandat confié
par l'Etat au Préfet de région, et le décline
par départements.
- A ce sujet on peut faire les remarques
suivantes:
-
- A- Déconcentrer l'IDF,
une réponse durable à la pénurie des terrains
Le problème de l'Ile-de-France nous semble être
moins celui d'une pénurie globale de logements prouvée
par la forte montée des prix de l'immobilier (cette montée
s'est également produite dans les régions qui avaient
construit bien davantage que l'Ile-de-France) que celui d'un
manque de logements, notamment en zone centrale, à des
prix accessibles aux ménages à revenus modestes
et moyens.
Nombre d'entre eux, encouragés par les taux d'intérêt
faibles, les prêts à taux zéro, et peu conscients
des conséquences en particulier financières de
l'éloignement, sont allés s'installer, dans des
communes rurales où les prix des terrains sont encore
relativement bas, en périphérie régionale,
voire aux franges des régions voisines. D'où l'aggravation
de l'étalement urbain et du mitage des terrains agricoles.
- La densification des activités
et des logements sur un territoire restreint, en IDF, 2% du territoire
français pour 18% de la population et 30% des investissements,
crée le déséquilibre de la demande de logements,
donc la montée des prix. Nous devons réapprendre
à faire de l'aménagement sur des territoires plus
grands, l'hexagone et déconcentrer l'IDF. Il y a longtemps
que les pays de la banane bleue Nord -Europe (Pays-Bas, Belgique,
Allemagne, Suisse, Italie du Nord) l'ont compris.
-
- B- Pour un SDRIF qui aurait les
moyens de ses objectifs
Il nous apparaît donc tout à fait utile de définir
des objectifs de construction de logements sociaux, surtout en
zone centrale, et ces objectifs doivent être, pour favoriser
la mixité sociale, plus élevés pour les
secteurs qui ont peu de logements sociaux, et moins élevés,
voir en réduction pour ceux qui en ont déjà
beaucoup.
Mais l'échelon départemental n'est pas le plus
pertinent à cet égard : en fait 50% des logements
sociaux sont concentrés dans 8% des communes et c'est
donc au niveau de celles-ci qu'il faut agir.
IDFE préconisait dans ses 200 propositions l'aggravation
des sanctions financières imposées aux communes
qui refusent d'augmenter leur parc social. Mais l'enjeu pour
la Région nous parait devoir être au niveau des
structures intercommunales, puisque ce sont elles désormais
qui vont établir les programmes locaux d'habitat qui vont
définir ces objectifs.
Il nous paraît nécéssaire que la prescriptivité
du SDRIF soit accompagnée de moyens juridiques et économiques
permettant de la faire respecter..
-
- C- Créer des logements
sociaux sans construire
La construction n'est pas le seul moyen de créer des logements
sociaux
- il faut favoriser la rotation du parc social existant, actuellement
quasi figé, par la mise en place de mécanismes
réellement appliqués encourageant l'accession à
la propriété des ménages à revenus
suffisamment élevés, et permettant aux ménages
avec enfants d'accéder à des appartements adaptés
à la taille de leur famille, logements trop souvent occupés
par des personnes âgées qui pourraient se replier
sur de plus petits logements,
- obliger les bailleurs sociaux à communiquer aux exécutifs
communaux, départementaux et régional, les éléments
qui permettront de ne plus avoir (environ 30%) de logements indûment
occupés (revenus, taille de la famille).
- les maires peuvent utiliser la préemption d'immeubles
ou de logements qu'ils confient à des bailleurs sociaux
pour intégration dans le parc social. Ils vont aussi pouvoir,
dans des secteurs délimités par les PLU, imposer
un pourcentage de logements sociaux, même dans des opérations
de construction privées,
- le reconventionnement est aussi un moyen de repasser dans le
parc social des logements dont les conventions sont arrivées
à échéance, et le conventionnement peut
être utilisé avec des propriétaires privés,
en échange de subventions de travaux ou d'avantages fiscaux,
pour passer des logements dans le parc social de fait, notamment
dans le cadre d'opérations programmées d'amélioration
de l'habitat.
-
- D- La construction, un marché
spéculatif
La fixation d'objectifs globaux incluant la construction privée
est plus aléatoire, car celle-ci dépend du contexte
du marché, très soumis à des contraintes
internationales, notamment l'évolution des taux d'intérêt.
Il n'est pas impossible qu'un retournement de tendance intervienne
pour corriger les effets néfastes de la croissance irraisonnable
des prix de l'immobilier. Il risquerait d'avoir des conséquences
dramatiques pour les jeunes ménages qui se sont lourdement
endettés quelquefois jusqu'à 30 ans.
-
- E- Démographie, moyens
et prévention.
Enfin il nous apparaît regrettable que la définition
d'objectifs de construction n'ait pas été faite
en rapport avec une prévision d'évolution démographique
de la région, prenant en compte les perspectives concernant
la natalité et les flux migratoires : Caractère
actuellement négatif avec les autres régions métropolitaines,
et positif pour ce qui est de l'immigration étrangère,
deux fois plus importante en proportion que pour les autres régions,
et qui engendre des besoins particuliers en matière de
logements sociaux et de mesures d'accompagnement social (formation,
aide à l'emploi notamment).
- La région IDF, bien que concentrant
50% environ de l'émigration en France, l'essentiel allant
dans le 93 et Paris nord, ne fournit ni analyse, ni diagnostic,
ni politique permettant de répondre à ce problème
essentiel à notre territoire.
- Cette prévision devrait permettre
l'évaluation des besoins de financement pour répondre
à tous les besoins, logements, emplois, formation, mesurer
si les moyens peuvent être réunis et traiter aussi
et enfin les causes.
- "Le lien entre les problèmes
de l'immigration en France (et nous ajoutons spécialement
en IDF) et l'extrême pauvreté des pays d'origine
est une évidence. Certaines dépenses, même
pour des réalisations techniques admirables, me font honte."
Mgr Barbarin, cardinal et
archevêque de Lyon (Le Monde du jeudi 29 juin 2006)
- En résumé, s'il est
nécessaire de relancer la construction de logements sociaux
en corrigeant leur trop grande concentration actuelle, l'objectif
global des 60 000 logements par an apparaît davantage comme
un slogan qui se veut mobilisateur que comme le résultat
d'une étude approfondie.
-
- 3- La densification des tissus urbains
-
- Une tonalité importante et
tout à fait louable, répétée sous
diverses formes au long de la"Vision Régionale",
est que l'effort de construction doit se faire en prélevant
le moins possible sur les espaces ouverts (espaces naturels,
terres agricoles) par une densification des espaces urbanisés
et l'adoption de formes urbaines plus denses que par le passé
pour les espaces à urbaniser.
Les 200 propositions d'IDFE allaient dans ce sens en préconisant
pour la proche couronne "la reconstruction de la ville en
réaménageant les friches industrielles, les délaissés
des infrastructures de communication, les terrains d'Etat mal
utilisés et les grands ensembles à restructurer.
Nous constatons néanmoins que cette politique d'aménagement
de friches industrielles sans limites amène :
- - des situations urbaines excessivement
denses (Terrains Renault : 900 000 m2 sur 50 ha; Issy les Moulineaux,
Chatillon etc.). Par contre, la volonté des élus
de villes, limitant la croissance de l'habitat à maintenir
la population, permet de préserver le cadre de vie et
sa qualité (Meudon, Sceaux, Fontenay aux Roses etc.),
ce qui reste un objectif majeur.
- - Pour la grande couronne:
- "la restriction des espaces constructibles en zone rural,
- la poursuite, dans leur emprise actuelle, du développement
des villes nouvelles non achevées,
- le développement des villes moyennes par l'implantation
d'activités, d'équipements publics et par une urbanisation
de densité raisonnable, peu consommatrice d'espace,
- l'arrêt de l'urbanisation des bourgs, villages et hameaux,
si ce n'est de façon modérée, strictement
encadrée, respectant les paysages et le caractére
de l'habitat local".
- Mais le document de la Région,
en ressassant l'idée de densification semble vouloir convaincre
que la densification va être le remède à
tous les maux des Franciliens.
-
- Nous voudrions à ce sujet
soulever deux points:
- A- l'idée développée
en 4 .2.1 du "coeur d'agglomération aux contours
élargis jusqu'au corridor de l'A86" au sein duquel
"les interdépendances se renforcent".
On y souligne les différentiels de densité des
espaces bâtis.(3 fois plus élevée à
Paris que dans les Hauts-de-Seine, et 5 fois plus qu'en Seine-Saint-Denis
et dans le Val-de-Marne, en considérant qu'il y a là
un fort potentiel de constructibilité par une harmonisation
progressive vers le niveau supérieur.
- On voit là revenir, comme
à plusieurs reprises dans le passé, l'idée
du "Grand Paris" que la Ville de Paris veut relancer
avec la notion de "conférence métropolitaine"
qui pourrait regrouper Paris et quelque 80 communes, et créer
à terme une nouvelle frontière à l'intérieur
de la Région pour regrouper au centre tous les grands
équipements et les outils du pouvoir.
- Ceci est tout à fait à
l'opposé des 200 propositions d'IDFE qui préconisait:
- pour l'hypercentre francilien (Paris et villes limitrophes)
- la stabilisation de la densité de population, voire
son desserrement chaque fois que c'est possible,
- l'arrêt de la densification du bâti et l'abandon
définitif de l'urbanisme des tours, gros consommateur
d'énergie et destructeur du lien social,
- le maintien d'espaces ouverts entre Paris et les communes voisines
par la sauvegarde de la ceinture verte parisienne, ainsi que
des bois de Vincennes et de Boulogne,
- pour la proche couronne (petite couronne et partie agglomérée
de la moyenne couronne)
- la limitation de la densité de population au niveau
de celle des centres des métropoles régionales
(9400 habitants/km2 pour Lyon, la plus dense),
- la préservation des quartiers d'habitat individuel subsistant
dans les villes denses.
-
- B- le second point concerne justement
ces quartiers d'habitat individuel
dont on nous dit en page 89 que s'ils sont dans un périmètre
de moins de 800 m d'une gare, ils devront muter du pavillonnaire
vers le petit collectif.
Ceci vaut aussi bien pour ceux de la petite couronne, généralement
de construction ancienne sur de petits terrains, que pour ceux
des villes de moyenne couronne où ils sont de construction
plus récente.
Faisons remarquer, pour répondre au souhait de la Région
exprimé en 3.4.3, "que le SDRIF concilie densité/compacité
et aération de la ville" que ces quartiers contribuent
à cette aération et que leur "réceptivité",
s'ils sont proches de gares, peut être améliorée
sans les dénaturer, en permettant dans les règlements
des PLU
- l'agrandissement limité au delà des possibilités
du COS de maisons construites sur de petits terrains pour permettre
aux familles de s'agrandir,
- l'agrandissement de pavillons pour y créer un logement
supplémentaire,
- et sur les grands terrains qui pourraient se libérer,
la limitation du volume des constructions possibles, pour permettre
l'implantation de petits immeubles de quelques appartements ne
détonnant pas avec le voisinage.
- On ne peut pas être d'accord
avec une telle densification globale qui se fera contre la volonté
des habitants et la necéssité de maintenir même
en zone urbaine dense de grands espaces publics et privés
Par contre, on peut accepter des aménagements locaux en
fonction des situations et de l'environnement.
Pourquoi vouloir aussi continuer à densifier des territoires
déjà très denses comme les Hauts de Seine
, dont les transports (voiries et transports en commun) sont
déjà saturés matin et soir et trop souvent
orientés sur Paris.
-
- 4- Les projets d'infrastructures
de transport et la politique des déplacements
-
- Environnement 92 est en phase avec
les principes énoncés en 3.3.3.a
- pour les transports collectifs:
- développer et mailler le réseau de niveau régional,
- développer le réseau ferré en très
proche couronne par des lignes banlieue-banlieue maillant les
lignes radiales du réseau régional,
- à l'échelle des territoires développement
des transports en site propre de surface,
- poursuite du développement du réseau Mobilien
et des liaisons de pôle à pôle par transports
routiers rapides,
- soutien de l'intermodalité et organisation des rabattements
sur le réseau de niveau régional;
- Le problème se posera quand,
au delà de l'énoncé des principes, il faudra
arbitrer entre les projets en tenant compte des possibilités
limitées de financement. Environnement 92 pense qu'il
faudra faire preuve de pragmatisme en écartant les projets
lourds et coûteux comme la rocade en métro Orbitale
au profit de projets partiels, mais conçus pour être
compatibles avec un schéma global préétabli,
favorisant la desserte nécessaire aux pôles de développement.
- - pour les transports de fret, pour
lesquels on note avec plaisir la volonté :
- d'aménager des plates-formes de report modal,
- de préserver voire développer la vocation fret
de certains axes ferroviaires,
- de monter en régime la desserte par la voie d'eau par
la Seine depuis le terminal Port 2000 et par le canal Seine-Nord,
- d'élaborer un schéma multimodal des infrastructures
de transport et de logistique dans une dimension interrégionale.
- Le problème apparaît
quand la Région, quand elle affirme qu'il faut trouver
des alternatives à l'usage systématique de la voiture
et du camion, compte tenu de la contribution du transport routier
dans l'émission des gaz à effet de serre, n'est
pas en phase avec l'Etat qui, dans le "porter à connaissance"
précité, au titre du respect des principes de liaison
concernant le réseau routier national, liste une grande
quantité de projets autoroutiers ou de voies rapides :
- non seulement ceux qui , comme le projet de liaison Saint Quentin-Saclay-Massy,
ont pour vocation le bouclage des rocades A 86 et A 104,
- mais également d'autres qui préfigurent une quatrième
rocade qui relierait à l'est l'A 6 à l'A 1 par
Melun, Meaux et Senlis, et à l'ouest l'A 15 jusqu'à
l'A10 et l'A11.par la vallée de la Mauldre
- Environnement 92 est défavorable
au développement du réseau autoroutier francilien.
- Figurent également dans le
document du Préfet de région, au titre des éléments
du réseau ferré national:
- le projet de liaison dédiée Paris-aéroport
de Roissy (CDG express), contre lequel Environnement 92 s'est
prononcée.
- l'interconnexion TGV par Orly (barreau sud) que nous soutenons,
- des liaisons grande vitesse avec la Normandie, et vers l'Angleterre
par la Picardie et le Nord-Pas de Calais, sur lesquelles IDFE
n'a pas encore pris parti.
- En résumé, en matière
de transports, et en particulier de transports routiers, il nous
apparaît un décalage certain entre ce que le Conseil
régional écrit et ce que le préfet de région,
au nom de l'Etat, met dans son "porter à connaissance".
Cela ne peut rester en l'état, sous peine de nuire à
la crédibilité du document.
- On constate aussi que le Plan de
Déplacent (PDU) IDF, qui n'a pas été respecté
jusqu'à présent, ne risque pas de l'être
avec les orientations actuelles du Conseil régional.
Les moyens financiers, en particulier, ne sont ni connus, ni
envisageables.On peut notamment s'interroger sur le coût
d'un tel programme et sa faisabilité financière
en fonction de l'incapacité de l'Etat à assumer
les investissements nécessaires en transports en commun.
-
- 5- La réduction des inégalités
sociales et territoriales
-
- Ce sujet est un de ceux que le Conseil
régional avait mis au premier plan de ses préoccupations
au moment du lancement de la révision du SDRIF.
Passons en revue les orientations formulées pour chacune
de ses trois composantes dans les chapitres 2.1 et 3.1.4.:
-
- A- Lutter contre les inégalités
sociales
Le diagnostic qui était présenté dans le
chapitre 2.1.1 de la version du document en date du 24 avril
2006 était pertinent: existence de territoires de grande
pauvreté, accentuation des contrastes sociaux avec la
concentration des ménages aisés dans le quadrant
sud-ouest et la paupérisation des territoires du nord
et de l'est, inégalités de l'offre de services
et d'équipements, disparités de ressources entre
communes et intercommunalités, avec tendance au regroupement
des communes riches entr'elles.
- Sont évoqués dans
la version actuelle quelques dispositifs correcteurs comme:
- le renforcement des obligations de la loi SRU au centre de
l'agglomération, avec offre de logements intermédiaires
pour les familles de la classe moyenne,
- une action visant à recréer de l'urbanité
(équipements et services en particulier) dans les quartiers
dégradés et défavorisée,
- la réhabilitation du parc social ancien.
L'imposition d'un pourcentage de logements sociaux dans chaque
nouveau projet urbain nous semble avoir disparu du document.
- Dans les 200 propositions d'IDFE,
nous proposions un éventail plus complet de mesures qui
ne sont pas toutes dépendantes totalement du Conseil régional,
mais en faveur desquelles il pourrait peser Voir également
nos observations du point 2.
-
- B- Résorber les inégalités
environnementales
C'est sur ce point que le texte est le plus faible, se bornant
à évoquer sans précisions en 3.4.1 une action
"pour reconquérir la qualité environnementale
des secteurs géographiques les plus touchés sans
pour autant reporter risques et nuisances vers d'autres secteurs
moins touchés".
De profondes inégalités environnementales entraînent
souvent une paupérisation de nombreux territoires avec
toutes ses conséquences désastreuses.
Ces inégalités environnementales ont des conséquences
sur la santé. Elles expliqueraient pourquoi la France
aurait 20% de cancers de plus que la moyenne européenne.
- Nous sommes disposés à
travailler avec les services de la Région pour enrichir
ce sujet, mais nous craignons que les solutions ne soient pas
toujours compatibles avec certaines orientations de la "Vision
régionale" (voir en particulier notre observation
du paragraphe 1 sur les zones aéroportuaires).
-
- C- Lutter contre les disparités
économiques
Là aussi le diagnostic de la version du 24 avril 2006
était pertinent:
- concentration de la main d'oeuvre hautement qualifiée
à l'ouest et au sud-ouest, et d'une population peu qualifiée
et subissant un taux de chômage élevé au
nord et à l'est,
- situations fiscales très inégales entre les communes
suivant l'importance de la taxe professionnelle perçue.
Sur ce sujet, les intentions de la Région, qui argue de
la difficulté à corriger les effets du marché
et n'évoque pas les possibilités offertes par des
outils comme la procédure d'agrément et les conventions
habitat-activités, sont vraiment très prudentes
et pas au niveau de l'objectif visé. On ne parle, et sans
autre précision quant à leur vocation, que de localisation
de nouveaux sites d'emplois desservis par des transports collectifs.
A noter toutefois l'intention de la Région de réexaminer
avec les partenaires concernés (à priori l'Etat
et les collectivités territoriales) les échelles
de péréquation.
- Au total les orientations proposées
sur le sujet de la réduction des inégalités
ne paraissent pas au niveau de l'importance des enjeux mis en
avant lors du lancement de la révision du SDRIF.
-
- 6- Anticiper les mutations liées
au changement climatique et au renchérissement de l'énergie,
et préserver, restaurer et valoriser les ressources naturelles
-
- Ce sujet, essentiel pour donner
une réalité a l'éco-région promise
par J.P Huchon, occupe trois pages (chapitre 2.2), plus 12 pages
(chapitre 3.4) d'un document qui comprend 130 pages.
- Cela est sans proportion satisfaisante
avec l'importance du sujet. Les propositions formulées
par IDFE au nom du mouvement environnementaliste sont ignorées.
Comme si les auteurs de la "Vision régionale"
ne les avaient jamais lues.
Ce chapitre est un morceau de littérature assez vague,
bourré de bonnes intentions mais non chiffré et
ne présentant aucun moyen concret d'application.
Il semble montrer que le SDRIF n'aura d'effet ni sur l'énergie,
ni sur l'environnement et que le Conseil régional n'a
pas les moyens de la politique qu'il esquisse.
Exemple : le chapitre ne propose aucun objectif de recyclage
des matériaux de démolition pour économiser
les granulats et leur transport. Autre exemple : protéger
les espaces naturels et notamment la "ceinture verte",
tout le monde est d'accord. Mais rien n'est indiqué sur
les budgets prévus pour que l'Agence des espaces verts
puisse acquérir les territoires menacés et rien
non plus sur les outils juridiques qui, dans le SDRIF, pourraient
les préserver.
- Le chapitre 3.2.2.e de la version
du 24 avril 2006 précisait que la Ceinture Verte"
a accueilli près de 70% des nouveaux habitants et 90%
des nouveaux emplois franciliens au cours des deux dernières
décennies.
Il en déduisait que, pour assurer la préservation
des espaces ouverts,"les extensions urbaines prévues
par le SDRIF de 1994 dans la ceinture verte seront donc revues
pour réorienter le développement vers les espaces
les plus propices à un développement dense (bonne
desserte par les transports collectifs, proximité des
services urbains)".
Mais l'Etat, dans l'OIN du plateau de Saclay, contredit cette
orientation.
- En conséquence, si la Région
veut réellement que la préservation de la Ceinture
verte ne reste pas un vu pieux, elle doit adopter impérativement
dans le SDRIF les recommandations du CESR, qui dans son rapport
(27 avril 2006) "la préservation et valorisation
des espaces naturels et agricoles de la Ceinture Verte et des
autres secteurs périurbains en Ile-de-France" préconise
notamment de:
- définir précisément la Ceinture Verte
et lui donner une place spécifique aussi bien dans ses
orientations générales et ses prescriptions écrites
que dans sa cartographie
- identifier les espaces par une cartographie précise
- adopter une échelle au 1/50.000ème
- transcrire le SDRIF dans des SCOT prescriptifs clairement cartographiés.
- Gestion de l'eau et assainissement.
Cette ressource essentielle est oubliée, alors que l'eau
et l'assainissement constitue le premier budget de l'environnement.
Un traitement séparé des eaux de pluie et des eaux
potables devrait économiser l'eau, soulager les usines
de traitement des eaux, réduire les risques de crue ou
de sécheresse.
Il faudrait aussi évoquer les moyens de réduire
l'imperméabilisation des sols en réduisant les
"programmes béton".
- En résumé, ce sujet
est à retravailler si le Conseil régional veut
continuer , sans risquer le discrédit, de placer l'avant-projet
de SDRIF sous la bannière de l'éco-région
Ile-de-France
-
- 7- Les orientations spatiales -
La logique du cadran : un mode de dialogue artificiel pour le
SDRIF révisé
-
- Le chapitre 5.3, qui semble être
la seule originalité de la "Vision Régionale",
est l'un des plus contestables.
- Il divise l'agglomération
en cinq faisceaux enforme de triangle:
- de La Défense à Cergy-et à Mantes,
- de la Porte de Clignancourt à Roissy,
- du Ministère des Finances à Disneyland,
- de la Bibliothèque de France à Seine Amont et
Orly,
- de la porte d'Orléans à Evry-Saclay-Saint Quentin
ayant tous leur sommet à Paris et leur base, plus ou moins
loin, en grande couronne.
- Cette géographie est celle
dessinée par les lignes de métro +RER+chemins de
fer de banlieue, qui rabattent vers l'hyper-centre un million
de franciliens tous les matins et qui dans le même temps
exportent 2 a 300.000 parisiens au-delà du périphérique.
- C'est l'acceptation, au nom des
"bassins de vie", des migrations alternantes, de la
suprématie commerciale, culturelle et économique
du département de Paris sur les sept autres départements
de la région (dont ce découpage fait d'ailleurs
bon marché).
- Ce parti pris revient à :
- accepter les migrations alternantes,
- recentraliser sur Paris et marginaliser les fonctions (et les
habitants) subalternes.
- Cette politique-là on la
mène depuis l'installation des monarques à Paris,
depuis le tracé des routes royales, depuis l'installation
du faisceau ferroviaire de 1840, du remake du TGV des années
80.
- La "logique du cadran"
ressemble à la politique du "chien crevé au
fil de l'eau", oubliant la décentralisation, l'émergence
des villes nouvelles, la demande des villes de la périphérie,
l'existence des chef-lieux de départements, la possibilité
pour les quartiers "périphériques" d'avoir
un jour une existence, une consistante, une vie autonome.
-
- 8 - le Plan de déplacement
(PDU) d'Ile de France et la loi sur l'air ne sont pas respectés
Le SDRIF devait mettre en place les moyens de à réduire
le trafic automobile et le transport routier, le transports aériens
en zone urbaine (Orly, Roissy et le Bourget), afin de réduire
les gaz à effet de serre, la pollution de l'air, les nuisances
et conséquences induites notamment sur la santé.
Une orientation de très grande ampleur en faveur des transports
collectifs est nécessaire avec de forts investissements,
si l'on veut simplement maintenir les conditions du changement
climatique, notre cadre de vie et des conditions normales de
santé (air, eau, stress etc.) pour les Franciliens, leurs
enfants et les nombreux visiteurs de notre région.
-
- 9 - La Recherche francilienne moteur
de la croissance et de l'emploi est oubliée
L'IDF concentre 55% de la recherche en France.
Nous demandons un état des lieux, des priorités,
une répartition plus juste sur le territoire francilien
et français et le développement de pôles
de compétitivité à l'exemple de Grenoble,
de Sofia Antipolis, sans pour cela faire de la densification
à outrance.
-
- 10. Le SDRIF doit mettre en place,
enfin, une gouvernance de qualité.
Il est essentiel, pour la réussite du SDRIF, qu'il y ait
un pacte stable de confiance entre la Région et ses Départements,
leurs Communes, les acteurs de la société dont
la société civile, portant sur les sujets essentiels
que sont le choix des modèles de développement,
l'aménagement de l'espace et la programmation des infrastructures.
Pour une Concertation productive
Environnement 92 constate que le Conseil régional a bien
mis en place, en conformité avec la Convention d'Aarhus
signée en 2002 par l'Etat Français, des pratiques
régulières d'information et de concertation avec
la population et les représentants de la société
civile, portant sur le SDRIF.
Mais elle constate que le mode de concertation actuel est coûteux
en temps et il est peu productif. Le document "Vision"du
24 avril 2006 du Conseil régional en est un assez bon
exemple.
- Pour un droit d'expression des associations
vers l'usager
Nous constatons que le principe du débat contradictoire
est mis en place par le Conseil régional pour la révision
du SDRIF, avec beaucoup de savoir-faire.
- Mais, il reste à donner la
possibilité aux acteurs importants du débat de
pouvoir communiquer vers l'usager et le citoyen dans les supports
financés par nos impôts, notamment,
- les revues du Conseil régional,
- les revues des Conseils généraux,
- les revues des communautés d'agglomération et
des communes.
C'est la seul façon efficace de mettre le débat
contradictoire sur la place publique, avec des avantages essentiels:
information, sensibilisation et formation des citoyens; meilleure
prise en compte des arguments, aide à la décision
éclairée etc.
- Que les associations reconnues puissent
ne plus être privées de parole vers l'usager nous
paraît être un facteur de fonctionnement incontournable
de la démocratie locale.
Des locaux pour travailler
Enfin, la mise disposition des associations d'environnement de
locaux qui leur permettent de travailler normalement, paraît
être une obligation, quand on fait le bilan des contributions
associatives. Il est anormal de voir la Région qui met
le Château de Longchamp et ses dépendances à
la disposition de WWF France, ne propose rien aux unions d'Ile
de France.
-
- 11/ Le Financement des orientations
de la région est mis de côté
-
- Le projet traite peu,
- des moyens nécessaires, notamment financiers, pour rendre
ce développement économique, social et environnemental,
cohérent, crédible et vivable,
- de la cohérence avec un réel développement
durable qui apparaît plus comme un habillage.
-
- Conclusion
La situation actuelle de la région Ile-de-France est celle
d'une région globalement riche, qui concentre 20 % environ
de la population nationale, mais qui connaît des déséquilibres
sociaux et territoriaux importants : d'une part, on constate
des difficultés croissantes pour beaucoup de franciliens,
qui touchent maintenant les classes moyennes et sur lesquelles
il convient de s'interroger. D'autre part, la qualité
de vie se dégrade, du fait des nuisances de toutes sortes
et des difficultés rencontrées en matière
d'emplois, de logements et de transports.
La région est caractérisée par un déséquilibre
important entre l'offre et la demande immobilières. Les
PME, les artisans, les commerçants de proximité
et la majorité des salariés peuvent difficilement
supporter les prix du marché qui en résulte. La
mixité des activités, la mixité sociale
et la mixité des générations, souhaitées
dans un souci d'équilibre des populations, sont par suite
difficiles à obtenir et l'un des résultats les
plus inquiétants est l'importance des déplacements
quotidiens domicile travail en temps et en distances parcourues.
Nous savons depuis plus de 30 ans que :
- La densification revient très cher, investissements
publics, santé, qualité de vie,
- La ville dense est destructrice de personnalités, et
de solitude par la perte du lien social,
- Le projet régional propose d'accélérer
la densification de la première couronne essentiellement.
- On peut s'étonner de cette
volonté de densifier quand l'être humain vit mieux
dans des villes étalées et quand l'empreinte écologique
est plus favorable en province.
-
- Ajoutée à l'ambition
mégalomaniaque de "Paris, capitale de l'Europe",
aux intentions de l'Etat concernant les autoroutes, et à
la croissance démographico-urbaine qui forme la trame
de la vision régionale, cette image radiale de l'Ile-de-France
nous ramène aux Trente glorieuses qui sont l'anti-thèse
du développement durable.
- Comment réapprendre à
respecter l'humain?
- Olivier DELOURME
Président
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