Ventilation
des tunnels
Conséquences sur la qualité de l'air et le bruit
- On attend du bouclage de l'A86 par
les tunnels de COFIROUTE une réduction de la circulation
automobile sur la voirie locale et donc une réduction
de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores
engendrées par le trafic.
Mais qu'en sera-t-il aux alentours des unités de ventilation
des tunnels ? Il y aura des cheminées pour l'extraction
de l'air vicié, des entrées d'air frais et de puissants
ventilateurs car il n'est pas question de les installer dans
le tunnel Est du fait de son gabarit réduit (voyez la
taille de ceux sous lesquels vous passez dans les tunnels de
l'A14 par exemple).
Le dossier d'enquête publique d'avril 1994 dans son chapitre
1.3 prévoyait que la ventilation se ferait grâce
à des puits de communication avec la surface, équipés
de ventilateurs, espacés d'environ 1600 m pour le tunnel
Est et de 3000 m pour le tunnel Ouest.
11 installations de ventilation devaient être réparties
sur les deux tunnels.
Pour le tunnel Est, 8 installations de ventilation étaient
prévues avec alternance de 4 ouvrages de prises d'air
(Rueil, Le Butard, Marne la Coquette - Le Prieuré, Pont
Colbert) et 4 ouvrages d'extraction (Bois de l'État, A13,
Carrefour du Carrousel, Pont Colbert).
Pour le tunnel Ouest, 3 installations mixtes prise d'air et extraction
étaient prévues à Rueil, la Celle Saint
Cloud et à l'échangeur A12/A13.
C'est le projet qui a été retenu et validé
dans la DUP du 10 décembre 1995, prorogée sans
modification par le décret du 7 décembre 2000.
Il répartissait d'une façon équitable les
unités de ventilation et réduisait ainsi l'impact
de l'extraction de l'air pollué des tunnels sur l'environnement,
et les nuisances sonores en provenance des ventilateurs.
La concession accordée à COFIROUTE par décrets
des 21 avril 1994 et 26 septembre 1995 respectait la DUP. Les
11 unités de ventilation y figuraient et l'État
dans ses engagements de janvier 1996 y faisait référence.
Mais cette concession a été
annulée par arrêt du Conseil d'État en date
du 20 février 1998 à la suite des actions engagées
par des municipalités et associations concernées.
L'État a donc procédé à une consultation
en vue d'une nouvelle attribution de la concession qui devait
toujours respecter la DUP. Deux offres ont été
déposées, dont une de COFIROUTE naturellement,
et c'est cette dernière qui a été retenue.
Cette nouvelle concession a fait l'objet d'un décret du
25 novembre 1999.
Mais cette concession comporte 4 unités de ventilation
d'extraction de moins que le projet de l'État. COFIROUTE
prétend que "cette amélioration est rendue
possible grâce aux nouvelles perspectives de diminution
des émissions polluantes des véhicules",
qu'il s'agit d'adaptations mineures qui ne remettent pas en cause
la DUP et qu'elles s'accompagnent d'une sensible réduction
des coûts d'investissement par tunnel.
Ainsi sur le trajet Rueil/Vaucresson
A13 et vice et versa, il n'y aurait plus que 2 unités
de ventilation extraction, l'une à Rueil, l'autre à
Vaucresson-A13. Sur le tunnel Ouest l'unité de ventilation
de la Celle Saint Cloud serait supprimée.
Rueil qui est la seule gare qui cumule l'entrée et la
sortie des tunnels Est et Ouest, cumulerait la ventilation extraction
et soufflage de ces deux tunnels sur des distances accrues du
fait de la suppression d'unités intermédiaires.
Comme les installations d'extraction et de soufflage dans le
tunnel Est sont indépendantes pour les deux niveaux, c'est
en fait 3 tunnels qui seraient ventilés à Rueil.
On aurait donc pour l'extraction, 3 grosses cheminées
de 10 m de hauteur au lieu d'une prévue dans le projet
soumis à l'enquête publique.
On compte 19 ventilateurs pour le tunnel Est à Rueil dans
la présentation de son projet par COFIROUTE dont 11 pour
le désenfumage. Combien en plus pour le tunnel Ouest ?
Pour nous rassurer, on nous dit qu'ils tourneront peu la nuit,
le trafic étant faible.
Rueil a également le privilège d'héberger
les groupes électrogènes de secours dotés
de 4 cheminées de 10 m qu'il faudra tester régulièrement
en les mettant en route. Et on sait par expérience que
c'est au moment du démarrage que des fumées noires
sont émises.
Sous la pression du Comité
de pilotage créé fin 2001 par Patrick OLLIER pour
le suivi avec COFIROUTE et les riverains du projet de bouclage
de l'A86, COFIROUTE a fait réaliser par ARIA Technologies
des simulations sur l'évolution de la qualité de
l'air à l'horizon 2010, compte tenu de l'évolution
attendue de la pollution de fond urbaine et périurbaine
en Ile de France à cette échéance et des
rejets des 3 cheminées sur la base du trafic prévu
dans les tunnels terminés (52960 véhicules/jour
selon les simulations réalisées par COFIROUTE).
D'après ces estimations le niveau des polluants resterait
dans les limites fixées par les textes réglementaires.
Mais il n'est pas tenu compte des émissions de polluants
par les véhicules circulant ou à l'arrêt
sur les bretelles de l'échangeur de La Jonchère
et sur l'aire des péages. Et COFIROUTE a refusé
de pareilles simulations avec le système de ventilation
du projet initial, à titre de comparaison.
Pour vérifier dans l'avenir l'évolution de la qualité
de l'air après la mise en exploitation des tunnels, Le
Comité de pilotage a également obtenu de COFIROUTE
2 campagnes de mesures des polluants autour du site de la Jonchère,
une durant l'hiver fin 2001 et une d'été en juillet
2005. Elles ont été réalisées par
CAP Environnement au moyen de 16 capteurs passifs et d'un camion
de laboratoire.
Sur le bruit des ventilateurs, COFIROUTE a également présenté
le résultat de ses simulations avec les tunnels en exploitation.
Les nuisances sonores ne dépasseraient pas les limites
réglementaires fixées pour 12 heures de jour et
12 heures de nuit. Et COFIROUTE refuse de nous donner les résultats
de ces simulations en heures de pointe matin et soir.
- La Ville de Rueil a présenté
un bilan positif des résultats obtenus par ces simulations
puisqu'elle conclut au respect de la réglementation concernant
la teneur en polluants de l'air après la mise en service
des tunnels.
Mais il n'en reste pas moins vrai que la nouvelle concession
de COFIROUTE ne respecte pas la DUP. Et il ne s'agit pas pour
Rueil d'adaptations mineures comme le prétend COFIROUTE.
L'unité de ventilation prévue initialement pour
souffler de l'air frais dans les 2 tunnels et pour extraire par
une cheminée l'air vicié du Tunnel Ouest sur une
longueur limitée par la présence d'unités
intermédiaires, est devenue une véritable usine.
La quantité d'air vicié extraite de 3 tunnels sur
des longueurs accrues et rejetée par 3 énormes
cheminées serait sans commune mesure avec les rejets attendus
du système de ventilation de la DUP. Et cette usine est
entourée d'un centre aéré pour enfants,
du Parc de la Malmaison et du château de La Petite Malmaison,
classés monuments historiques, d'immeubles de bureaux
et d'habitations.
L'impact paysager est visible. Le nombre de ventilateurs est
au moins multiplié par 3 et leur puissance est augmentée.
Rappelons que COFIROUTE disait dans
sa note de synthèse du 2 novembre 1998, après avoir
justifié de la réduction du nombre d'émergences
par une réduction des coûts d'investissement "
Toutefois, si des difficultés administratives ou locales
remettait en cause cette proposition, il serait toujours possible
de revenir aux implantations antérieures des unités
de ventilation et des puits de secours
.. ".
C'est ce que les Rueillois demandent.
17 novembre 2005
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